AVANT L'ASSOCIATION DEPUIS L'ASSOCIATION L'ASSOCIATION ET PAULETTE ARAGON-LAUNET

DEPUIS L'ASSOCIATION...

 

Retrouver "Séviac"...

C'est tout naturellement que Paulette Aragon-Launet annonce à ses enfants qu'ils vont, ensemble, consacrer leurs promenades dominicales à la recherche de ces mosaïques près de Montréal du Gers. L'enquête est menée dans les environs de Séviac, sur le terrain, pour trouver le champ et questionner les voisins, jusqu'à obtenir la réponse : " Chez le père Gudolle ". Il ne mène pas sa charrue, attelée à une paire de bœufs, sur une partie du champ livrée aux ronces...

Des sondages effectués en remirent au jour quelques mètres carrés des mosaïques découvertes en 1911, en excellent état de conservation ; Communication en est faite à Paris et une autorisation de fouilles en permet de déblayer l'aile ouest de Séviac : longue galerie de trente quatre mètres donnant accès à une enfilade de vastes pièces. Le côté ouest surplombe de deux mètres le terrain environnant ; Les assises du mur sont intactes, coupées perpendiculairement par un mur long de trois mètres et haut de deux mètres.

- 1966 : Paulette Aragon-Launet crée (le 1er octobre) l’Association pour la Sauvegarde des Monuments et Sites de l’Armagnac. Séviac n'est pas encore le centre de l'action de l’association qui se consacre aux restaurations de l'église de Luzanet et de la tour de Lamothe. Puis, une subvention du Directeur régional de la circonscription des Antiquités historiques permet, en louant le terrain, la fouille au-delà de l'espace laissé en friche.

"(...) Il n'eut pas été possible de poursuivre les fouilles si le département (à la suite de sondages qui avaient démontré la richesse du site) n'avait financé l'achat du terrain en 1967, confiant à l'association pour la sauvegarde des monuments et sites de l'Armagnac, le soin de le mettre en valeur".

Les campagnes de fouilles :

- 1967 : la première parcelle du terrain de Séviac est acquise en juin. Une équipe de fouille travaille en juillet et en août.

- 1968 : voit l’organisation d’un chantier estival auquel participent des jeunes de la région, mais aussi un groupe de la prestigieuse Ecole du Louvre.

- 1967 à 1976 : les campagnes de fouilles qui se succèdent permettent de mettre au jour l'essentiel des bâtiments résidentiels de la villa. La progression du dégagement peut être rapide puisque la majeure partie de ces galeries et salles avait déjà été fouillée (Il convient en effet à ce stade de rappeler que, dès 1867 ou 1868, les premières fouilles avaient été entreprises sur le site, la stratigraphie est donc bouleversée).

- 1972 : la fouille de la cour intérieure est achevée, et la cour séparant la pars urbana des thermes est repérée.

- 1973 : fouille de l'aile sud.

- 1974 : est marquée par la découverte des "Amants de Séviac", célèbre couple de squelettes, de la mosaïque aux arbres, d'une tête en marbre blanc, d'un superbe camée, mais aussi du "trésor" de 17 monnaies d'or d'époque mérovingienne mis au jour par Evelyne Guilbert.

- 1975 : les salles de l'aile est sont fouillées

- 1976 : l'essentiel de l'effort porte sur le secteur thermal. A côté de là, la découverte d'un bassin identifié aussitôt comme étant un baptistère induit la fouille du secteur paléochrétien.

- 1976 à 1978 : la fouille met au jour de splendides thermes. Le logis résidentiel offre le plan très simple de structure nette et cohérente de "villa à péristyle" : trois ailes encadrant une cour intérieure bordée elle-même par une large galerie...

 

- 1977 : la piscine mosaïquée (reconnue par sondage le lundi 23 novembre 1970) est mise au jour. mosaiq_natatio.jpg
 

Hervé Rivière et Raymond Monturet dirigent les fouilles des thermes, de 1976 à 1978.

Plus tard, Jacques Lapart et Jean-Louis Paillet, du C.N.R.S., dirigent les fouilles du secteur paléochrétien.

 

Les thermes en 1979

Avant leur protection par des toitures.

La fouille étant achevée, il faudra attendre 1986 pour voir la fin de l'étude de ce secteur thermal particulièrement important et complexe.

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(Cl Dr Pujo)

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(Cl Dr Pujo)

Le site de Séviac en 1979

On aperçoit en haut le secteur thermal dont la fouille vient de se terminer.

On distingue sur la droite les toitures du gîte d'étape (ferme datant du 19ème siècle) qui sert à loger les fouilleurs. Il est construit en partie sur la galerie Ouest de la villa.

On distingue nettement la cour carrée, les galeries et les pièces d'habitation (sauf au Nord). La galerie intérieure Sud est protégée par une toiture.

"(...) Constructions apparentes et mosaïques appartiennent au IVème siècle et certains pavements à la fin de ce siècle, mais sondages et matériel révèlent un habitat beaucoup plus ancien, vraisemblablement du début du IIème siècle avec de nombreux remaniements.

 

Dans toutes les pièces on retrouve une unité de facture qui semble être d'une même époque et d'une même inspiration. C'est l'œuvre d'un bon mosaïste professionnel, véritable artiste dont la sûreté de composition se complétait d'habileté technique.

La palette chromatique se compose de six teintes: blanc, blanc rosé, bleu noir, ocre jaune (sombre ou clair), gris clair ou blanc bleuté (marbre de Saint-Béat), rouge (terre cuite), vert sombre (pâte de verre)".

La vie ne s'est pas arrêtée à Séviac avec la fin de l'époque gallo-romaine, un important habitat mérovingien est visible sur la presque totalité de la villa.

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Le dégagement d'une mosaïque est un exercice particulièrement difficile

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La mise en valeur de Séviac est aussi rendue possible par un état d'esprit auquel Paulette Aragon-Launet demeura toujours fortement attachée : le bénévolat.

Tous les étés depuis 1966 et jusqu'en 1996 la villa gallo-romaine a été fouillée par des bénévoles de toute l'Europe.

 

A cette époque (1979) on a pas encore fouillé vers le Nord, "(...) mais des indices certains prouvent l'existence d'une aile identique à l'aile sud. Une galerie extérieure, parallèle à celle qui entoure la cour, enserre les salles d'habitation".

P Aragon-Launet, extraits de "Séviac"

Jean Gugole, extraits de "Hommage à Paulette Aragon-Launet"

Après la fouille des thermes les recherches s'orientent vers l'Est et le secteur paléo-chétien ainsi que vers le Nord afin de dégager la quatrième aile encore sous la terre.

- 1980 : achat de la troisième parcelle de terrain, permettant de fouiller l'aile nord du péristyle et les structures se développant au-delà.

- 1981 à 1986 : fouille de la galerie Nord et des pièces d'habitation de l'aile Nord.

 

   
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(Cl Ct Jouille)

Le site de Séviac en 1981

Des toitures protègent les zones les plus fragiles (en haut la quasi-totalité des thermes). Le secteur paléo-chrétien (à gauche) et l'aile Nord (bas de l'image) sont en cours de fouille.

L’établissement du Bas-Empire, développe un plan harmonieux et symétrique autour d'un péristyle : les salles ouvrent sur les galeries du péristyle, tandis qu'une galerie extérieure longe les quatre ailes. Au Sud, un secteur thermal de plus de 500 m² est relié à cet ensemble par deux murs en hémicycle limitant une autre cour intérieure. Plus de 600 m2 de mosaïques, composant une trentaine de pavements différents, sont conservés in situ dans un état remarquable

Le site de Séviac en 1984

La galerie intérieure Nord est dégagée et fait apparaître de nouveaux tapis de mosaïque dont certains seront restaurés.

Les fouilles, menées par Hervé Rivière, Elisabeth Monturet et Jean Gugole, jusqu'en 1986, permettent d'appréhender la chronologie relative des différentes phases de réaménagement et d'occupation du site.

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- 1985 : Prospection électromagnétique en particulier dans la partie Nord de la villa.

" (...) Depuis 1987, les sondages que nous avons entrepris sur la partie résidentielle visent à préciser cette évolution. Ils participent à l'étude de la partie résidentielle du Bas-Empire, faisant ainsi le point sur les connaissances accumulées depuis le début des fouilles. L’objectif vers lequel tendent tous les efforts de l’équipe réunie autour de Paulette Aragon-Launet, depuis 1986, en est la publication. Cette nécessité découle de la prospection magnéto-tellurique artificielle, réalisée en 1985, qui a prouvé l'extension des vestiges sur toute la surface des terrains propriété de l'association (soit au total près de trois hectares). Il est alors décidé, avant une reprise des fouilles extensives, de dresser le bilan des recherches et de rendre compte à la communauté scientifique des travaux effectués. C'est donc une dizaine de chercheurs, bénévoles ou institutionnels (C.N.R.S., université, D.R.A.H., ... ) qui s'investissent dans cette mission".

- 1996 : fin des derniers sondages concernants l'étude du Bas-Empire. La publication est en cours...

 

Les recherches récentes ont mis en évidence la qualité du propriétaire : le portrait probable d'un des maîtres de Séviac est taillé dans un marbre d'Asie Mineure, peut-être par un atelier de Rome.

Visible au musée de Montréal du Gers : Tête en marbre trouvée à Séviac. Le propriétaire? (Cl J-B Laffitte)

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Le fragment de verre diatrète trouvé à Séviac

Par ailleurs, il a été trouvé à Séviac un des rares fragments de verre diatrète connus à ce jour.

 

 

Jean Gugole, extraits de "Hommage à Paulette Aragon-Launet"

 

- 2003 : L'association fait don du site à la commune de Montréal-du-Gers. La gestion a été confiée au SIVU du Pôle Archéologique Elusa-Séviac depuis le 1er septembre 2008. L'association conserve un rôle d'animation et de veille archéologique.