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MONTRÉAL, une des plus grandes communes du Gers, garde les traces de nombreux habitats gallo-romains.

A la fin du siècle dernier, la fouille du Glésia, vaste établissement de bains, amena la découverte d'une belle mosaïque : la tête d'Océanus qui est actuellement au musée d'Auch.

De tous ces habitats, la villa de Séviac est certainement la plus importante et la plus luxueuse (les bâtiments principaux couvrent plus de deux hectares).

Un document précieux, "La Charte de Nizezius" du VII ème siècle, relate la vente fictive des donations pieuses d'un opulent propriétaire et de sa femme Ermintrude à l'abbaye de Moissac. Parmi ces terres cédées, figure la villa de "Sauniage-Séviac" dans ses bornes antiques. L'ancienneté du texte lui confère une valeur certaine.

Au cours des âges, les travaux agricoles ramenaient périodiquement au jour, tegulae, fragments de marbre, tesselles, énormes blocs de pierre (patiemment alignés en bordure du champ) et la tradition orale maintenait l'existence d'une "villa" romaine et d'un "trésor". Les fouilles anciennes furent très fragmentaires mais amenèrent des publications.

REVUE DE GASCOGNE, 22 novembre 1887 (Breuil).

"En 1868, l'abbé Monnier, curé de Labarrère, exhuma en un hameau voisin de Montréal, à Séviac, une très belle mosaïque".

INVENTAIRE DES MOSAÏQUES DE LA GAULE. (Narbonnaise et Aquitaine) par G. Lafaye.

"Séviac, commune de Montréal : trouvées en 1868 par M. l'Abbe Monnier, de très belles mosaïques dont on ne connaît que la plus petite partie".

Des érudits locaux s'intéressent à nouveau à Séviac en 1911. Un mécène gascon, le docteur Lannelongue, éminent professeur de la faculté de médecine de Paris, accepte de financer les travaux de fouilles.

La mosaïque déjà connue est dégagée sur une large surface, et nous retrouvons dans la presse de l'époque l'écho de la communication sur les fouilles de Séviac faite par le Docteur Lannelongue à l'Académie des Sciences.

LA VOIX DU PEUPLE, 11 septembre 1911,

"M. Lannelongue a annoncé la découverte d'importants vestiges gallo-romains dans le petit village de Séviac".

LE TELEGRAMME, 17 mars 1913,

fait une dernière mention des richesses de Séviac et leur réserve un article important.

LA PETITE GIRONDE, 23 septembre 1911, 

donne le texte de cette communication :

"un merveilleux spécimen d'anatomie découvert à Séviac près de Montréal, un orteil de bronze d'un dessin admirable provenant d'une statue colossale... j'ai découvert des mosaïques très importantes, bien conservées et d'un beau caractère... ".

 

Mais, entre temps, le Docteur Lannelongue est mort, le financement tari ; les fouilles sont arrêtées. La terre recouvre à nouveau les mosaïques ; Séviac retombe dans l'oubli.

     

Jean Gugole, extraits de "Hommage à Paulette Aragon-Launet"